Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 18:23

Mon grand-père ne parlait pas beaucoup. Ma grand-mère le faisait pour deux, comblant ses silences, les traduisant parfois. Même si il y a des silences qui ne se traduisent pas.

Mon grand-père bricolait. Tout.

Dans son atelier il était capable de remettre sur pied toutes sortes d'objets, du vélo au téléphone usagé. Mais c'est pour ses jouets fait avec deux bouts de ficelle que, petit, nous l'admirions le plus. Deux bouts de bois découpés et cloués devenaient un avion, une bouteille, deux yaourt et quelques baguettes devenaient dans ses mains un beau catamaran que nous allions fièrement faire naviguer sur la mare du village le lendemain.

Mon grand-père aimait aussi les chiens, il nous avait appris à les respecter et à les apprécier, nous transmettant son amour inconditionnel pour ces compagnons de marche qui parlent si peu.


Et puis il y avait les vélos. L'un de mes premiers souvenirs avec lui, c'est quand il m'a enlevé mes ''roulettes'', ces deux petites roues qui me soutenaient quand j'apprenais à faire du vélo, avant de me pousser, confiant , dans le grand jardin de l'ile de ré où nous étions ce jour là. Je crois que sa confiance m'avait donné des ailes. Ce que j'ai ressentie ce jour là, l'excitation, un brin de peur et une sensation à peine descriptible, celle des premiers vrais tours de roue, je m'en souviens encore. Et ce souvenir reste comme une image, comme une photo: moi sur mon vélo, pédalant de toutes mes forces, souriante et lançant un cri de joie et mon grand-père qui vient de me lancer, deux pas en arrières.

Du vélo j'en ai fait par la suite. Avec ou sans lui, l'accompagnant une ou deux fois dans ses longues ballades dont il avait le secret, mais jetant bien vite l'éponge face à son endurance et son entrainement ... et puis j'aimais bien le vélo, mais je préférais les chevaux.

Mon grand-père aimait découvrir les paysages à vélo, les parcourir à son rythme, celui des deux roues, grimper des montagnes et les redescendre. Il connaissait les environs de nos lieux de vacances comme sa poche et nous y promenais volontiers.


Et le temps a passé. Il y a deux hivers, Elle est arrivée, dressant son ombre silencieuse, menaçante.


Et je t'ai vu changer.

Toi mon grand-père si fort, à la santé de fer, aux si longues randonnées, tu as lentement changé. J'ai eu peur, mais comme tout le monde, je suis restée. Je t'ai vu la combattre et prendre d'un coup bien des années. Grand-mère était là, toujours à tes côtés. Moi, j'essayais de profiter de chaque instant avec toi, que ce soient des moments de souffrance ou de joie m'importaient peu, je ne voulais pas te voir partir.

Et puis je t'ai pleuré. Je t'ai pleuré bien avant l'heure. Pourtant , quand je te voyais, ce n'était pas Elle que je voyais. Je ne voyais que mon grand-père, silencieux comme à l'accoutumée. Mais je savais qu'il fallait désormais profiter de chaque instant passé à tes côtés.


L'été est arrivé, tu as arrêté de te battre et nous t'avons vu revivre. Ou presque. Cet été là, tu n'as presque pas fait de vélo.Cet été là, j'ai découvert que mon grand-père n'avait plus que des cheveux blancs.

Et puis l'automne est venu, et avec l'automne, Elle est revenue, te détruisant lentement mais surement. Je n'avais plus de larmes, je les avais épuisé avant l'été.


Et au début de l'hiver, tu es parti. La maladie t'a emmené, pour de bon, me rendant pendant très peu de temps mes larmes épuisées.


Et puis nous avons continué à vivre, malgré ton absence. La vie a continué. Plus tout à fait la même et pourtant, toujours un peu la même.

J'ai passé mes examens, j'ai repris le chemin des cours, je me suis plongée dans de nouvelles occupations .

Mais il y avait toujours un poids qui restait là, qui ne me laissait m'endormir qu'au petit matin quand mes yeux se fermaient enfin. Un poids dont j'étais pourtant persuadée de m'être débarrassée .

Alors j'ai enchainé les activités, marchant dans Paris, dansant sur des airs anciens, jouant de la musique le soir. Avant de rentrer chez moi pour un tête-à-tête silencieux avec mon plafond. J'avais l'impression de revivre mais seulement à moitié.

Et tout doucement, sur la pointe des pieds, le printemps est arrivé.

J'ai continué à suivre mon rythme effrené.


Et un soir où j'étais restée tard à l'un des premiers bals le long de la Seine, j'ai loupé mon dernier métro. Je me suis mise à marcher pour rentrer chez moi, lentement mais surement.

Et là, sans trop savoir comment, je me suis retrouvée face à un vélo. Des vélos.

Et l'embarras du choix.

J'ai hésité.

Et puis je suis allée en prendre un.

Je l'ai choisi minutieusement, caressant doucement son guidon tout en vérifiant son état.

Je l'ai enjambé.

Et pour la première fois depuis bien longtemps , je me suis remise à pédaler. Courant sur deux roues dans la ville endormie, j'ai retrouvé cette sensation si douce que j'avais oublié: tout doucement je me suis remise à m'envoler. C'était le début de l'été.

Je ne m'étais jamais sentie aussi légère.


Cette nuit là, à peine arrivée chez moi, je me suis blottie dans mon lit. Et presque aussitôt, je me suis endormie. De mon premier vrai sommeil depuis des mois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

texte que j'avais écrit pour un concours de nouvelles et que finalement je n'ai jamais posté suite à un concours(encore un!) de circonstance...

Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 17:25
Une nouvelle année... pleins de voeux pour toi, lecteur, lectrice, pas-lecteur,pas-lectrice.... de nouvelles résolutions.
Et celles de l'an dernier? certaines de cette année vont diablement y ressembler ... ainsi,
-Je dois toujours aller plus sur ce blog... et apprendre à m'y sentir suffisament libre pour y poster plus souvent. (mais si une muse inspiratrice me visitait plus souvent, ça m'aiderait ;) )
-Je sortirais peut-être cette année en discothèque... mais au fond je m'amuse tellement en bal folk que je vais avoir encore du mal à trouver le temps d'y aller! Donc m'amuser, c'est validé!
-Je veux toujours danser plus.Jouer plus. Pas question de s'arrêter en si bon chemin.
-Je veux toujours traumatiser des enfants. Beaucoup plus.
-J'aimerais bien apprendre à reconnaitre quelques constellations d'étoiles...
-Apprendre à ne plus me prendre la tête pour ce qui n'en vaut pas la peine.
Même si j'ai progressé...
-Avoir mes partiels... (et quitter, un jour, cette fichue fac)
-Ranger ma chambre plus souvent. (ça n'a pas changé).
Et j'ajoute à cette liste réactualisée:
-Visiter Paris. Et Buenos Aires. Y Santa Fe.
-Aller danser au grand bal d'europe.
-Bosser un peu plus mes cours.
-Aller voir mes "vieilles" copines .
-Ecrire un peu moins sur des feuilles volantes, un peu plus dans mes multiples carnets achetés exprès pour.


Et ne pas oublier . Qu'il y a toujours une bonne raison de sourire, au moins un peu tous les jours.
Parce que je suis une indécrotable optimiste.


"Pourquoi sourire quand on peut pleurer?
Parce que les enfants sourient mieux qu'ils ne pleurent."

Par louve cerise
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 13:21
Ce que je n'sais pas, c'est ce que toi tu vois.
Toi Lecteur. Quand les mots t'apparaissent, que se passe t-il?
Entends tu leurs murmures? Les vois tu s'animer? Les paysages et les scènes qu'ils décrivent , t'apparaissent t-ils?

Moi, je vois les histoires se dérouler dans un flou artistique ou dans une surprenante netteté.
J'entends les mots parlés, la mélodie cachée, le souffle du vent, le bruit de la porte claquée...
Chaque mot devient image, chaque phrase rêve éveillé.
Il ne me manque parfois que la possibilité de fermer les yeux pour mieux me laisser emporter.

Et toi, Lecteur?

Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 22:02
                       
                          Petite fée s'élance sur le bord de ma table,

                  Fait la roue, saute et tourbillonne.
           Un faux pas la ferait chuter,
       Ce qui n'serait pas agréable,
          Pour not' bout d'fée brouillonne
Qu'à l'air d'bien s'amuser.


Alors, je vous en prie, laissons la danser!   
Jouer et s'amuser,                               
Sur le bord de ma table,    
Qu'elle saute et tourbillonne,          
La petite fée aimable        
Et si mignonne.
 
          Et si elle trébuche,
   Que d'un coup d'aile elle se redresse
                         Et continue à s'amuser.
                 C'est ma volonté expresse,

        Celle d'une d'moiselle un peu nunuche
Qui en plein cours n'cesse de rêver.

Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 22:16
Un violon au milieu de la nuit,
Cri de joie caché sous chaque trille,
Qui s'élance vers le ciel,
Voix pleine de vie,
Douceur du miel,
Dans cette mélodie,
Dont chaque note luit,
Le musicien s'émerveille,
De cet air qui scintille,
Comme le jour qui s'éveille.


Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /Déc /2008 18:07
Juste une bague qui fait couler bien de l'encre.
Une bague qui déchaine des passions.
Pour ou contre? Farouchement pour, farouchement contre ou n'en pensant trop rien, n'en sachant trop rien. Approuvant . Ou non.
Que d'avis et de passions.

Et la bague, lui a-t-on demandé son avis?

Bague, qu'en pense tu?

Mais la bague ne répond pas, se contentant d'être là. Mais ne laissant pas indifférent.
Simple réceptacle de bien des désirs, des passions, des avis, des envies.
Rêve qui en suit un autre, en commence un nouveau.
Elle n'est et ne sera que ce que l'on en fera.




(Et moi je te souhaite d'en faire la suite et le commencement d'un même bonheur, qui , si il se transforme, gardera sa nature heureuse)

(Good Luck con tu novia =) )
Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 23:54

-Hey ! Yep! Yep ! Yep!
Cris d'encouragement dans la brume qui se lève, laissant apparaitre un cheval et sa cavalière, avant qu'ils ne disparaissent à nouveau dans un nuage plus bas que les autres.
-Oui!
Cri de victoire emmené par le vent chassant la brume qui s'attarde encore. Et avec le vent apparait la cavalière. Un sourire triomphant aux lèvres. Sa monture a pris naturellement le chemin des écuries. À côté d'eux, un jeune garçon à l'allure étrange avance. Lui aussi ne peut s'empêcher de sourire.
À la vue des bâtiments, elle brise le silence : 
-Tu seras là, c'est sûr?
-Je ne louperais ça pour rien au monde!
-Me ... merci.
-Heureusement que ça a lieu ici, je ne pourrai pas aller ailleurs, tu le sais?
-Je sais.
-Alors à dimanche.
Et il repart vers la lande. S'enfonce dans les derniers lambeaux des derniers nuages qui s'estompent, la laissant rejoindre seule son monde.

~~                    ~~                    ~~                    ~~

-Tu es prête?
-Oui P'pa!
-Ne te stresse pas,surtout!
-Non P'pa!
-Et tu t'arrête avant le mur, comme on a dit! Tu n'es pas encore prête... d'ailleurs personne ne l'a réussi, il est trop dangereux...
-Mmm...
-Dana ? Tu m'a bien entendu? Pas le mur!
-Mmmm... ... J'y vais P'pa!

Elle vient d'entendre son nom, s'engage sur le chemin dans un trot énergique.
Entre dans la carrière officielle.
Vient s'arrêter devant les juges pour saluer.
Un geste de leur part et elle repart. S'arrête. Attend. Le silence est complet.
Les juges semblent hésiter, décontenancés par la jeune cavalière arrêtée, là où tous les autres trottaient ou galopaient.
Elle ferme les yeux pour mieux écouter. Elle sait qu'il est là, il l'a promis.
Soudain, elle l'entend. Comme une caresse familière, un son-ami. Le violon s'élance. Et avec lui la cavalière et sa monture. Au même instant la cloche du départ sonne.
Heureux présage? Elle ne l'entend même pas.
À présent, ils dansent.
Cavalière et jument, dans un même élan, galopant, voltant parfaitement.
Arrêt brusque mais unis.Et départ l'instant d'après, parfaitement accordés. Les voilà face au premier obstacle, qui n'en est plus un, juste une figure de danse. Réception. Et dans un même mouvement, comme les notes de musique qui se suivent, les obstacles s'enchainent.
Court moment d'inattention. Léger contretemps. Trop léger pour être franc. Et l'obstacle suivant qui approche, approche... ... demi-foulée désespérée et saut un peu en biais. Qu'importe si la barre tombe, même en danse on a le droit de trébucher. Mais ni la monture ni sa cavalière n'écoutent la barre.
À nouveau dans le rythme. Parfait changement de pied. La mélodie suit le son des sabots, à moins que ce ne soient eux qui la suivent. Toujours ensembles.
Le mur approche. Un cri secoue les tribunes mais elle ne l'entend pas, absorbée par la mélodie.
Le mur est passé. Dans un entrechat parfait.
Et avec lui, c'est l'arrivée.
Le silence qui a suivit son dernier exploit lui permet d'entendre l'ultime note du violon, comme un au revoir.
 Et soudain c'est le vacarme assourdissant des applaudissements.
Elle ouvre les yeux, cherchant son ami dans la foule bigarrée, ne le trouve pas, mais lui sourit quand même.

 ~~                    ~~                    ~~                    ~~

-Dit P'pa, tu l'a vu Siléö?
-Siléö? mas enfin, Dana... je t'ai déjà dit...
-C'est pas grave, ça ne m'étonne pas , il n'aime pas se montrer... mais je sais qu'il était là.
Son père se tait, n'osant contredire sa fille de peur de la blesser.
Dana, elle, sourit. Elle sait déjà que quand elle ira à nouveau s'entraîner seule dans la lande elle croisera Siléö et qu'ensemble ils parleront de milles et unes choses...  qu'il lui jouera surement un nouvel air et qu'elle dansera. Et qu'à la fin il la raccompagnera avant de disparaître dans la brume, mélant ses yeux en amande et ses étranges oreilles pointues aux nuages du matin.
Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 13:34
Vent .
Ouragan.
Vent qui caresse mes cheveux détrempés, mouillés par une pluie diluvienne .
La folie des éléments a raison des hommes, le bitume se laisse envahir par un flot impressionant.
Marchant au milieu de cet ouragan, je souris .
Sourire presque involontaire, que la caresse du vent rend plus présent, sourire caché sous des cheveux dégoulinants, sourire complice et amusé.
J'aime la pluie et ce déchainement de forces indomptables, j'aime quand l'homme n'a plus vraiment de prise sur son monde, qu'il fait nuit et que je marche seule, dehors , frolée sans cesse par la puissance des éléments.
Parfois il leur arrive même de me toucher. Et si je les esquives le plus souvent, rien ne m'amuse plus parfois que de courir ou marcher, laissant la pluie et le vent jouer avec moi, comme deux vieux amis qui auraient tous les droits. Il faut que je sois seule pour cela, c'est ce qui rend la nuit si propice à ces jeux, quand personne n'ose sortir dans la rue, repoussé par la nuit, le vent et la pluie.
Me voilà enfin chez moi... 'même pas froid. Drôle de jeu qui me réchauffe un peu le coeur.
Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 18:15
Des larmes coulent sur mes joues, sensation de détresse, de tristesse infinie.
Qui sera passée dans un instant. Solitude extrême.
Je crois. J'espère.
L'ombre de d'autres instants tout aussi déroutants plane, me donnant l'impression que ce moment ne s'arrêtera pas. Puis il disparait.
Les larmes s'arrêtent de couler et l'angoisse amorcée, qui était cachée comme un bombe à retardement au fond de mon cœur, s'en va. Je respire.
Comment expliquer ces instant de pure détresse,d'angoisse,de peur ? Alors que rien ne semblait devoir les déclencher, alors qu'on avait soigneusement cadenassé toutes ces émotions au fond d'une cage-apparence , se donnant l'air serein, ne flanchant pas.
Alors qu'il a suffit d'un mot , d'une pensée, qui passait par là et n'avait rien à voir avec cette angoisse, pour que cela ressurgisse , sans prévenir. Sans raison.
Même si on en trouvera peut être par la suite en tentant désespérément de mettre le doigt sur ce qui a pu nous déclencher cette émotion.
Car il DOIT y avoir quelque chose, non?  On doit bien se rassurer, disséquer , trouver une explication pour chercher une solution... c'est ce qui nous sauve, nous permet d'avancer, d'en triompher, de croire que ça ne reviendra pas ... ou pas tout de suite. De guérir. De ce sentiment de peur/solitude qui nous inquiète tant.
Pourtant, cette fois-ci, malgré moi, je l'ai laissée venir. Cette angoisse. Je l'ai laissée passer sur moi, me prendre un court instant et repartir comme elle était venue, déchargeant mon cœur d'un trop plein de peurs, de blessures et d'émotions contraires. Me permettant de me retrouver , un peu .

Et puis j'ai pensé à ces ami(e)s. Que j'adore. Qui me soutiennent, me font sourire, rire, rêver, m'amuser, parler sans fin et sans faim. Dont je sais que pour certain cette sensation-tristesse/détresse est un cauchemar, une angoisse qui ne veut pas toujours dire son nom. J'ai essayé de m'imaginer, d'imaginer ma réaction si cet instant-crise avait duré. Trop dur. Beaucoup trop. Je ne sais pas si j'arriverais à continuer à vivre comme ils le font, en puisant dans chaque jour une nouvelle force pour s'émerveiller, s'amuser, vivre et être heureux envers et contre tout.
Et je ne peux qu'admirer leur courage , essayer d'être là quand ils en ont vraiment besoin, sans jamais être vraiment sure d'y arriver. Et puis esperer. Croire que tout va s'arranger , que demain, dans un instant, dans une heure ou une minute tout sera plus beau, plus heureux.

 Je suis fondamentalement optimiste, puisqu'il faut avancer , autant aller vers quelque chose d'autre, de mieux.
Et même si parfois c'est totalement désespérant de voir un ou une ami(e) traverser ces moments difficiles, même si c'est dur, même si ça m'inquiète et me blesse plus qu'on ne peut l'imaginer, au fond , merci. Merci de me faire assez confiance pour partager ce moment, de ne pas céder aux sirènes de la solitude , de ne pas me le cacher ... parce que je préfère mille fois le vivre avec toi que de t'imaginer seul(e), supportant ce sentiment insupportable pendant bien plus longtemps que ce que je n'en serais jamais capable. Et aussi parce qu'après la pluie, l'orage, l'a tempête... vient le beau temps , le rayon de soleil que l'on pourra tout autant partager. Et en souriant !

:-)

Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 00:28
Ses yeux ont viré du mordoré au gris. Annonciateur de tempêtes. Il a un mouvement de recul. Les yeux gris le transpercent. Porteurs d'une colère noire.
L'orage arrive. S'installe dans les yeux gris .
Ne sachant quoi faire, désarmé, il se tait. Hésite. Un pas en avant. Elle recule. L'orage n'éclatera peut être pas. Mais il a désormais un animal sauvage, méfiant, face à lui. Et qui le fixe de ses yeux gris.
Un geste d'apaisement la voit reculer encore, le regarder de côté.
Il tente de parler : <<Je ... je ne voulais pas te mentir, je te promet... >> .
<<T'es un menteur>> répondent, impitoyables, les yeux gris.
Ne sachant que faire, il s'assied. Quand il a bougé, elle a reculé, imperceptiblement. Maintenant un peu rassurée, elle se rapproche.
Il recommence à parler, sans la regarder.
<<Je n'avais pas le choix>>.
<<Tu l'avais>> semblent répondre les yeux.
Mais ils manquent de conviction. Il le sent, pousse en douceur dans la brèche qui vient de s'ouvrir : << Je n'aime pas trahir mes promesses, tu le sais...>>. Les yeux gris-dorés approuvent.
<<Mais là, c'était le travail...une urgence... comme il risque d'y en avoir d'autres ...>>.
Les yeux ont finit par admettre la réalité... ou plutôt la petite fille qui les possèdes. Pourtant une ombre subsiste.
Un silence.
 << Je t'en raconterais d'autres des histoires, promis... plein!>> .
Les yeux d'or approuvent enfin. Un sourire se dessine sur les lèvres mutines de la petite fille.
<<Avec des lutins?>>.
<<Des lutons,des elfes et des fées>>.
<<Alors je te pardonne>>.
Et la petite fille aux yeux dorés se jette dans les bras de son père.
Par louve cerise - Publié dans : bout d'écriture
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